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Marguerite: une doctorante entre deux rives méditerranéennes

Sciences humaines et sociales

07/12/17

Entre Marguerite El Asmar Bou Aoun doctorante libanaise et l’Université de Strasbourg, ce fut un coup de foudre. Cette doctorante dynamique bénéficie depuis deux ans du programme doctoral international, un véritable plus dans son travail de thèse commencé il y a trois ans entre l'Université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban et l’Université de Strasbourg.

Comme Marguerite l’écrit dans sa nouvelle présentée au concours des Alumni, le Palais U, « cet endroit si monumental, si historique, si artistique, bref si royal » l’a envoûtée ; tout comme l’accueil chaleureux qui lui a été réservé lors de son premier rendez-vous à l’école doctorale de théologie et sciences religieuses. C’est ce qui a guidé son choix dans son tour des universités françaises où réaliser sa thèse. « L’Université de Strasbourg m’offre une importante formation aux niveaux disciplinaire et transversal ; c’est une formation sans pareil puisque j’apprends dès à présent à agir en tant que chercheure en publiant ou en intervenant et à agir en tant qu’enseignante en suivant des formations dans le domaine de la pédagogie universitaire », souligne la doctorante.

Une étudiante en quête de défi et de nouvelles rencontres

Mariée et maman de trois enfants, elle vit au Liban. C’est pourquoi elle a fait le choix de la cotutelle de thèse. Grâce à sa famille, elle arrive à concilier son travail au Liban, ses recherches dans le cadre de sa thèse et ses voyages à Strasbourg. « Pendant les trois premières années de ma thèse, j’ai conservé mon poste d’enseignante du secondaire. Au Liban, il n’y a pas de contrat doctoral du moins en sciences humaines et très peu d’allocations pour payer les frais d’inscription et les crédits universitaires ». Marguerite vient de démissionner de ce poste après 18 ans pour se consacrer uniquement à sa thèse … et à sa famille. Mais elle est toujours chargée de cours à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth où elle met d’ores et déjà à profit les formations suivies à Strasbourg.

Par son dynamisme et sa soif de défi, Marguerite n’a cessé de s’ouvrir à l’international et la diversité et l’Université de Strasbourg lui en a donné l’opportunité à plusieurs reprises. « J’ai été sélectionnée pour participer à diverses activités comme l’école doctorale internationale et interdisciplinaire de Nagoya au Japon durant l’été 2017, ou encore l’école d’été doctorale en sciences humaines à l’Université de Strasbourg en 2015 ». D’autre part, le programme doctoral international lui donne la chance de se retrouver avec des doctorants de diverses nationalités et disciplines. « J’ai toujours apprécié la diversité. Je viens d’un pays ayant au minimum 18 communautés religieuses et je me suis toujours intéressée aux différentes disciplines du moins par curiosité scientifique. En plus de la richesse culturelle et académique, le programme doctoral international m’incite à m’exprimer sur un sujet philosophique ou religieux d’une manière vulgarisée sans perdre la rigueur scientifique du sujet ».

La cotutelle de thèse : une richesse culturelle et académique

Son sujet de thèse porte sur le besoin de croire dans la discipline de la philosophie de la religion. « Je m’intéresse au sens philosophique du concept du besoin de croire en essayant de dégager une typologie de celui-ci. A travers l’apport des sciences humaines et religieuses, la philosophie de la religion interprète le besoin de croire », détaille la doctorante. Marguerite organise également des conférences et des événements à Strasbourg ou au Liban.

Nul doute que si cette jeune femme dynamique et ouverte décroche un poste stable d’enseignante-chercheure au Liban à l’issue de sa thèse, elle trouvera des opportunités de collaborations pour « revenir et revenir (encore) à Strasbourg pour profiter de ce cadre et sentir l’Europe en une seule ville ».

Anne-Isabelle Bischoff