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Zoom sur le plus grand laboratoire de chimie moléculaire d’Alsace

Le Laboratoire d’innovation moléculaire et applications (Lima) a vu le jour officiellement le 1er janvier 2018 dans le cadre du nouveau contrat quinquennal. Tritutelle et bisite, il devient ainsi le plus grand laboratoire dédié à la chimie moléculaire en Alsace. Frédéric Leroux, son directeur, revient sur cette aventure avec deux mots d’ordre : mutualisation et collaboration.

Frédéric Leroux et son équipe développent
de nouveaux catalyseurs innovants.

Un peu d’histoire

Le Laboratoire d’innovation moléculaire et applications (Lima) résulte du regroupement du Laboratoire de chimie moléculaire, une unité mixte de l’Université de Strasbourg et du CNRS, et du laboratoire de Chimie organique et bioorganique de l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse. Le tout est adossé à deux écoles d’ingénieur : l’École européenne de chimie, polymères et matériaux (ECPM) de Strasbourg et l’École nationale supérieure de chimie de Mulhouse (ENSCMu). Le projet de fusionner ces deux laboratoires dédiés à la chimie moléculaire a été initié en 2009 par les précédentes directrices des deux laboratoires, Francoise Colobert et Céline Tarnus. La première étape a eu lieu en 2013 lorsque le personnel CNRS de l’équipe de recherche de Mulhouse a été rattaché au laboratoire strasbourgeois, tout en restant localisé sur le site haut-rhinois. Ensuite, les premières démarches pour un regroupement tritutelle ont été lancées.

L’objectif

« Les deux unités avaient déjà une grande visibilité à l’international. Avec le Lima, nous avons voulu créer un laboratoire avec une seule carte de visite, une seule visibilité pour répondre à des appels locaux et internationaux via des projets collaboratifs. Notre second but est de s’inscrire dans le Campus européen (EUCOR) avec un laboratoire ayant un esprit transfrontalier », explique Frédéric Leroux. Il poursuit : « L’esprit de mutualisation permet une gestion globale de l’unité afin de faire des économies et de gagner en efficacité et en rapidité ; la dynamique collaborative entraine une plus grande force de frappe à l’étranger.»

Côté fonctionnement

Le laboratoire regroupe 90 personnes environ. Le mode de gestion a dû être repensé, bien que les effectifs n’aient pas changé et que chaque site possède ses propres agents. La politique générale et la stratégie de l’unité sont relayées sur le site de Mulhouse par le directeur adjoint Jean-Philippe Goddard, professeur à l’UHA. Pour le financement, le laboratoire perçoit de chaque tutelle une dotation annuelle. Afin de créer une dynamique de groupe, une assemblée générale est organisée chaque année le temps d’un week-end convivial ainsi que deux journées scientifiques. Un conseil de laboratoire a également lieu quadriannuellement, sans oublier une réunion mensuelle de l’ensemble des responsables d’équipes des deux sites.

Photo DR

Les axes scientifiques

Innovation et applications sont au cœur de la recherche du Lima avec une attention particulière portée aux collaborations avec les entreprises. Trois objectifs scientifiques ont ainsi été définis : la recherche exploratoire en chimie organique de synthèse, la recherche exploratoire en chimie biologique et les applications de la chimie biologique à la santé.

Equipes et équipements

L’unité est structurée en 9 équipes thématiques scientifiques qui n’ont pas changées avec le regroupement (6 à Strasbourg et 3 à Mulhouse). « Nous couvrons tous les aspects de la chimie moléculaire, allant de la santé des hommes et des plantes aux matériaux moléculaires en passant par l’invention de nouveaux procédés chimiques plus respectueux de l’environnement.» Côté équipements, les moyens sont mutualisés. Le Lima possède une plateforme analytique à la pointe de la technique moderne répartie sur les deux sites alsaciens. Un nouvel équipement d’analyse de la chromatographie supercritique va rejoindre ceux déjà en place grâce aux financements conjoints de l’Université de Haute Alsace et de l’Etat. Le Lima a également répondu à un appel à projet de la région Grand Est avec un laboratoire de Champagne-Ardenne et de Lorraine afin de se doter d’un équipement dédié à la chimie en flux continu.

Et maintenant ?

« Nous sommes dans une année transitoire, les projets à court-terme sont de mettre en place les outils de gestion, régler les problèmes administratifs, réussir à fédérer tous les chercheurs et les étudiants », résume Frédéric Leroux. Seul risque pour le directeur : « Que chacun reste dans son coin et que l’on n’arrive pas à créer un esprit collectif et d’unité. Il y a un aspect de communication important et de transparence. La réussite du Lima pourrait être un modèle pour d’autres laboratoires en France », conclut Frédéric Leroux.

Marion Riegert

Le Lima en chiffres

Important information

17 enseignants-chercheurs

12 chercheurs CNRS

35 doctorants

12 Biatss/Ita

10 post-doctorants

1 professeur émérite