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Un cloud pour partager les données astronomiques

24/01/2019

Imaginez être assis devant votre ordinateur et pouvoir accéder en quelques clics aux données astronomiques et de physique des particules d’une trentaine d’organismes spécialisés dans ces domaines. C’est l’objet du projet Escape qui débute le 1er février 2019 et auquel participe le Centre de données astronomiques de Strasbourg.

Mark Allen était au « committee on the
peaceful uses of outer space » des Nations
Unies pour parler du partage de données.
Photo DR

Dans une volonté de développer les sciences ouvertes, l’Union européenne a lancé l’initiative European open science cloud (EOSC), un cloud permettant un accès universel aux données de recherche via une plateforme en ligne unique. Officiellement inauguré les 7-8 février 2019 à Annecy pour environ trois ans, le projet Escape est la déclinaison en astronomie et en physique des particules de cette initiative.

« Croiser et combiner les informations »

Regroupant 27 centres de recherche européens, deux PME et deux instituts de recherche pan-européens, ce cloud permettra de faciliter l’accès aux données des différents partenaires parmi lesquels le Centre de données astronomiques de Strasbourg (CDS). « C’est l’émergence de l’interdisciplinarité en astronomie. Aujourd’hui, nous savons que la lumière n’est plus l’unique source d’information, il y a aussi par exemple les ondes gravitationnelles. Si les données sont ouvertes et partagées cela permettra de croiser et combiner les informations », précise Sébastien Derriere, astrophysicien à l’Observatoire astronomique de Strasbourg.

En plus du stockage, le cloud permettra également de réaliser des calculs. « Nous pourrons envoyer des requêtes de traitement de données qui s’effectueront à un endroit où il y a le matériel pour le faire », poursuit le chercheur. Côté organisation, « tous les partenaires sont comme un cluster. C’est une opportunité pour le domaine de préparer notamment les grandes infrastructures de recherche qui arrivent », ajoute Mark Allen, directeur du CDS.

Dans la continuité d’une série de projets

Le projet Escape s’inscrit dans la continuité d’une série de projets débutés autour du partage de données avec notamment en 2000 le lancement d’un Observatoire virtuel international. « L’objectif était de créer un réseau de toutes les données astronomiques dans le monde », précise Sébastien Derriere. Le projet est alors fédéré au sein d’une alliance fondée en 2002 et nommée IVOA (International virtual observatory alliance) dont la présidence tournante revient actuellement à Mark Allen.

L'atlas Aladin permet d'accéder aux données
récoltées par le CDS. Crédit DR.

 

Depuis sa création, l’alliance a proposé une série de projets européens. Le CDS est impliqué dans deux d’entre eux dont le projet Asterics qui se termine en avril 2019 et concerne des données d’astrophysique et de physique des astroparticules. « C’est une coopération regroupant de très grandes infrastructures de recherche. » Escape comprend en majorité les mêmes partenaires qu’Asterics avec une nouvelle initiative à savoir l’open science cloud. Un univers où les chercheurs peuvent « observer des données comme on observe le ciel », sourit Sébastien Derriere.

Marion Riegert

Zoom sur le Centre de données astronomiques

Important information

Fondé en 1972, le Centre de données astronomiques de Strasbourg (CDS) est devenu une référence au niveau international dans le monde de l’astronomie. Etabli à l’Observatoire astronomique de Strasbourg (unité mixte CNRS-Unistra), le CDS est reconnu au niveau national comme infrastructure de recherche, et reçoit 1 million de requêtes par jour. « Il existe un réseau de centres de données astronomiques géré par le CNRS mais Strasbourg est le seul à être une infrastructure de recherche et c’est probablement le plus ancien », précise Mark Allen, directeur du CDS.

Sa mission ? Collecter des données sous forme électronique et les distribuer à la communauté internationale. « Ce qui était assez visionnaire pour l’époque », souligne Sébastien Derriere qui ajoute que de nos jours tout marche en réseau. « Les chercheurs ou des journaux d’astronomie avec lesquels nous avons des relations privilégiées nous transmettent des données, nous les validons et les enrichissons avant de les mettre en ligne.» Et ce avec une équipe d’une trentaine de personnes.