L'actualité de la recherche

L’inconscient n’est pas qu’une affaire de psychanalyse

01/03/2019

Début janvier, en même temps que les vœux, Christine Maillard, ancienne directrice et membre de l’unité de recherche « Mondes germaniques et nord-européens », a reçu la bonne nouvelle. Le projet franco-allemand, « Conjonctures de l’inconscient, psychologie et ésotérisme dans la littérature et la culture de la modernité », auquel elle participe, a obtenu un financement Seed Money pour un an. Un véritable coup de pouce qui permet de lancer les recherches.

Christine Maillard est membre de l’unité
de recherche « Mondes germaniques et
nord-européens ». Photo MR

2017 le début d’une idée

« Beaucoup de personnes pensent que Freud est l’inventeur de l’idée d’inconscient. C’est lui qui l’a formulée d’un point de vue clinique mais c’est une notion qui remonte au moins au 18e siècle », explique Christine Maillard qui travaille sur le sujet depuis une vingtaine d’années. En 2017, lorsqu’elle est sollicitée par Maximilian Bergengruen, son homologue à Karlsruhe, pour développer un projet commun, les deux chercheurs se tournent très vite vers l’histoire des théories du psychisme. Le projet franco-allemand : « Conjonctures de l’inconscient, psychologie et ésotérisme dans la littérature et la culture de la modernité » est né.

Une douzaine de chercheurs

Une douzaine de chercheurs de cinq universités du Rhin supérieur (Karlsruhe, pilote du projet, Fribourg, Strasbourg, Mulhouse et Bâle) se joignent au projet, épaulés par des doctorants et des étudiants de master. Sans oublier une quinzaine de chercheurs associés qui vont travailler de manière plus ponctuelle sur le sujet venant notamment de Londres, des Etats-Unis ou encore d’Allemagne.

Plus de 150 ouvrages

Leur corpus ? Des textes littéraires du 18e siècle de Goethe ou Karl Philip Moritz, des travaux de philosophes du 19e comme Schelling mais aussi des sources iconographiques… Soit au total plus de 150 ouvrages. « Avec la Bibliothèque nationale universitaire comme source majeure », souligne Christine Maillard. Le tout, pour un projet interdisciplinaire mêlant littérature, philosophie, psychologie, psychanalyse, théologie, histoire de l’art ou encore histoire des sciences. « Le projet traite de la circulation des savoirs, il ne se cantonne pas au domaine de la psychologie.  Aux 18e et 19e siècles, le discours sur l’inconscient se développe dans le discours scientifique mais également dans d’autres savoirs en prise avec le religieux, le mystique, le littéraire ou encore l’ésotérique… »

3 axes de recherche

Le premier axe de recherche, orienté vers l’histoire et la littérature, concerne la réception de la tradition mystique des 16e et 17e siècles dans l’idéalisme allemand et l’émergence de la notion d’inconscient autour de 1800. Le deuxième, plus philosophique, est tourné vers la formulation d’un discours sur l’inconscient dans la psychologie de Nietzsche. Le troisième porte sur l’écriture et la peinture automatiques au 20e siècle dans leurs relations avec la psychanalyse.

42 000 euros

Perçu comme un « coup de pouce », le financement Seed Money, obtenu en janvier dernier, s’élève à quelque 42 000 euros répartis entre les cinq universités. « C’est une étape pour une année qui nous a permis de lancer le projet. Nous avons également déposé une candidature auprès de la Deutsche Forschungsgemeinschaft, équivalent de l’Agence nationale de la recherche en Allemagne. » Le financement va permettre d’organiser une série de conférences, à Fribourg. « Il y aura également une journée et demi d’étude intitulée « Discours mystiques et théories du psychisme : une approche interculturelle » les 6 et 7 décembre 2019 à Strasbourg. Avec la participation de spécialistes de la philosophie indienne et de la Kabbale.

Marion Riegert

Seed Money en bref

Important information

Trente-six demandes ont été déposées dans le cadre du deuxième appel à projets Seed Money d’Eucor – Le Campus européen. Deux projets de la catégorie « Formation » et six projets de la catégorie « Recherche et innovation » ont été retenus par des commissions de sélection composées d’experts des cinq universités membres. Pour un financement global de 300 000 €. Au total, près d’un million d’euros de financement sera accordé à différents projets entre janvier 2018 et décembre 2020.

Lancé en 2017, le dispositif Seed Money vise à apporter un premier soutien financier aux projets scientifiques transfrontaliers innovants au sein des établissements membres d’Eucor – Le Campus européen et ainsi contribuer à la poursuite du développement d’un campus commun.

Pour plus d’informations, contacter Joern Pütz, vice-président délégué aux relations franco-allemandes : campus-europeen@unistra.fr