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Une doctorante strasbourgeoise en finale de « Ma thèse en 180 secondes »

16/04/2019

En présentant sa thèse en trois minutes lors de la demi-finale de « Ma thèse en 180 secondes » à Paris, Farah Bouhedda s'est qualifiée pour la finale nationale. Ils seront seize à défendre leur place, le 13 juin prochain, à Grenoble. Rencontre avec cette doctorante de l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire (IBMC) de l’Université de Strasbourg, aussi à l’aise sur scène que dans son laboratoire.

Farah Bouhedda utilise la microfluidique
pour ses recherches. Photo VN

Parlez-nous de la demi-finale?

Je suis arrivée le jeudi 4 avril 2019 avec quatre heures de retard à cause du train et j’ai manqué la photo de groupe. Le vendredi, c’était l’effervescence. 56 doctorants ont défilé les uns après les autres pour présenter leur sujet de thèse en trois minutes top chrono. J’ai eu à peine dix minutes pour réaliser quelques repérages sur scène et me relaxer avec des exercices de respiration. Je suis passée dans les derniers, j’ai eu largement le temps de stresser ! Le soir, avec tous les doctorants, nous avons dîné sur une péniche et nous avons pu voir quelques monuments de Paris depuis la Seine. Le samedi matin, à peine les résultats annoncés, que nous les finalistes, devions répondre aux questions des médias. La vidéo « 60 secondes de plus » dans laquelle je me fais interviewer, est déjà disponible. Et ce n’est pas fini, le 31 mai, je passerai dans l’émission de radio « La tête au carré » sur France Inter.

Vous attendiez-vous à être sélectionnée pour l’étape suivante ?

Non, d’ailleurs, je ne l’ai pas fait pour la compétition mais pour le plaisir. Je me suis inscrite au concours à la dernière minute. Pendant la représentation, j’ai un peu cafouillé mais j’ai réussi à me rattraper. D’après les commentaires du jury, c’est mon aisance sur scène qui m’a fait gagner, le fait de parler naturellement sans donner l’impression de réciter mon texte et de bien regarder le public.

La microfluidique permet de créer des
gouttelettes fluorescentes (en rouge).
Photo FB

Comment préparez-vous la finale?

J’ai plus de pression. Suite aux conseils du jury, je vais alléger mon texte pour que mon débit de parole soit plus lent. J’adapterai également ma présentation à la ville où a lieu le concours. Je compare la frénésie qui existe au sein d’une cellule à la foule présente sur une grande place. Si à Strasbourg, j’ai fait référence à celle de la cathédrale, à Paris, j’ai parlé du Champ-de-Mars. Pour Grenoble, je n’ai pas encore réfléchi. Je vais demander les conseils d’une amie grenobloise.

Et après ?

En plus de mon monitorat et du travail au laboratoire, le concours me prend beaucoup de temps. Pour préparer l’avenir plus sereinement, je souhaiterais réaliser une quatrième année de thèse. J’envisage ensuite de me tourner vers l’entreprenariat ou d’intégrer une start-up de biotechnologie. Ce concours m’a également donné envie de faire du théâtre. Après la soutenance de thèse bien sûr !

Vanessa Narbonne

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Le travail de Farah Bouhedda consiste à développer de petits brins d’ARN synthétiques (des aptamères) capables de se fixer à un fluorophore. Elle compare cela à un casting géant comprenant deux critères de sélection : l’affinité et l’intensité de fluorescence.

Pour sélectionner d’après la fluorescence, la doctorante utilise le procédé microfluidique en gouttelettes, qui permet de générer 10 000 gouttelettes par seconde. Chacune contenant le fluorophore et un aptamère.

Le couple aptamère-fluorophore choisi est ensuite relié à un ARN, petit élément présent naturellement au sein de la cellule, servant d’intermédiaire entre les gènes et les protéines. En le suivant à la trace, cela permet de mieux comprendre son fonctionnement. La preuve de concept a été validée dans des cellules eucaryotes. Avec à la clef pour Farah Bouhedda un brevet et une publication.