L'actualité de la recherche

Un microscope confocal pour le futur Centre de recherche en biomédecine

10/10/2019

Luc Dupuis, directeur de la future Unité mixte de service (UMS) du Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg (CRBS), compte parmi les quatre lauréats 2019 de l’association Espoir en tête. Créé par le Rotary international, le prix d’un montant de 200 000 euros va permettre de doter le futur centre d’un microscope confocal.

Luc Dupuis dirige l'unité Inserm sur les
mécanismes centraux et périphériques de la
neurodégénerescence. Photo Caroline Rouaux

« Pour mieux équiper nos locaux nous avons fait différentes demandes de subventions », souligne Luc Dupuis, directeur de l’Unité mixte de service qui gérera le fonctionnement du nouveau bâtiment. En remportant le prix Espoir en tête et un chèque de 200 000 euros, le chercheur va investir dans un microscope confocal, un microscope optique qui a la propriété de réaliser des images de très faible profondeur. Un travail que les scientifiques doivent pour le moment effectuer sur d’autres campus strasbourgeois.

« Nous pourrons le faire évoluer vers la super résolution. Son arrivée est prévue en même temps que notre installation dans le CRBS qui contiendra notamment un microscope biphotons servant à l’imagerie cellulaire », précise Luc Dupuis. Ces équipements profiteront au 10 laboratoires en neurosciences qui composeront l’UMS. Parmi lesquels l’unité Inserm 1118 sur les mécanismes centraux et périphériques de la neurodégénerescence. Egalement dirigée par Luc Dupuis, elle s’intéresse à la sclérose latérale amyotrophique (SLA) plus connue sous le nom de maladie de Charcot.

Guérir des souris

« La SLA se caractérise par une paralysie progressive qui tue généralement le malade dans les deux à trois ans suivant le début des symptômes. » Depuis 5 ans, les chercheurs ont élargi leur recherche à la démence fronto-temporale qui implique les mêmes gènes que la SLA dans le cerveau. « Cette atteinte rend dans un premier temps la personne désinhibée avant de progresser vers une apathie et un décès dans les 5 à 8 ans après le début de la maladie. »

Deux axes de recherche intéressent plus particulièrement Luc Dupuis et son équipe. Le premier concerne les formes juvéniles, c’est-à-dire débutant avant 40 ans, de la SLA à travers l’étude des muscles, des neurones… « Ces formes peuvent se déclencher à l’adolescence, la personne meurt alors en quelques mois. Nous sommes en train de comprendre les mécanismes qui provoquent la maladie dans le cerveau ou les muscles. Par ailleurs, une étudiante est parvenue à établir une preuve de concept pour un traitement efficace de cette forme sévère. »

Jonction neuromusculaire.
Crédit Sylvie Grosch

Empêcher les patients de maigrir

Dans un second axe de recherche, Luc Dupuis et son équipe se penchent sur les formes de SLA sporadiques, soit 80% des cas. « Contrairement aux formes familiales où la thérapie génique peut être utilisée, dans ce cas il n’y a pas de gènes identifiés. L’idée est alors de développer une autre stratégie thérapeutique. » L’une des pistes est de prévenir ou stopper la perte de poids des malades.

« Les patients perdent du poids 15 ans avant le déclenchement de la maladie. Chez la souris, nous savons qu’en donnant un enrichissement calorique, elles vivent plus longtemps », souligne Luc Dupuis qui cherche à comprendre quels circuits neuronaux sont impliqués dans cette perte de poids. « Nous avons des pistes notamment du côté de l’hypothalamus », précise le chercheur qui découvre chaque jour un peu plus la complexité du cerveau.

Marion Riegert

Espoir en Tête quesaco ?

Important information

En 2005, l’année du centenaire du Rotary international, les rotariens français décident de mettre en place une action nationale à travers une contribution financière significative à la recherche sur le cerveau. Et ce en collectant des fonds grâce à la projection en avant-première d’un film grand public et en mettant en place un partenariat avec la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC).

A la suite d’un appel d’offres lancé pour chaque opération, le conseil scientifique de la FRC étudie et classe par ordre de préférence scientifique les dossiers de projets de recherche reçus par la FRC, les Rotariens français étant représentés lors du choix des dossiers. Spécificité des appels d’offres d’Espoir en Tête, ils ne portent que sur du gros matériel de recherche, à l’exclusion de tout salaire ou prestation de services.