L'actualité de la recherche

Chaire industrielle Science des données et intelligence artificielle : « Faire le lien »

18/02/2020

L'école d'ingénieurs Télécom Physique Strasbourg et le laboratoire des sciences de l'ingénieur, de l'informatique et de l'imagerie (ICube) ont lancé le 24 janvier 2020 et pour 5 ans la chaire industrielle Science des données et intelligence artificielle grâce au mécénat de six entreprises. Rencontre avec son titulaire, le chercheur d’origine britannique Thomas Lampert, véritable trait d'union entre les mondes économiques et universitaires.

Thomas Lampert effectue des recherches
dans le domaine du machine learning.
Photo Catherine Wenger

Parlez-nous de votre parcours ?

Habitué à naviguer entre le monde académique et industriel, j’ai fait un doctorat à York en Angleterre dans le machine learning (apprentissage automatique) et l’informatique en collaboration avec le Ministère de la défense. J’ai ensuite travaillé pour une société à York avant de rejoindre le laboratoire ICube en 2011 pour un post-doctorat dans l’équipe Science des données et connaissances (SDC). Là, je me suis focalisé sur la recherche plus fondamentale dans le domaine du machine learning avant d'être responsable de la gestion et du développement de projets de recherche sur le même sujet pour des clients dans une start-up de conseil. Je suis ensuite retourné à l’Université au sein d’ICube dans la même équipe.

Comment s’est passée votre nomination ?

J’ai candidaté fin juin 2019 puis j’ai eu un entretien avant d’être retenu. La chaire est un poste en adéquation avec mon parcours. En Angleterre, les collaborations entre le monde industriel et académique sont plus développées. Avec mon profil j’ai déjà croisé ces frontières. Cette chaire, c’est exactement ce que je veux faire, une manière d’avoir un poste pérenne et plus de visibilité.

Sur quoi vos recherches portent-t-elles ?

Je m’intéresse à l’apprentissage à l’aide de données faibles. En d’autres termes, nous essayons de trouver une manière de diminuer la quantité de données nécessaire à l’apprentissage de la machine (axée actuellement sur l'apprentissage approfondi et les approches semi-supervisées). La collecte et l'annotation des données peut prendre des mois, et dans certains cas, il n'est pas possible de disposer de suffisamment de données pour former un modèle de manière fiable, nous aimerions ainsi accélérer le temps d’apprentissage et le temps de préparation des données pour l’apprentissage. Une recherche qui ouvrira de nouveaux domaines d'application pour l'apprentissage automatique, dans la télédétection et en médecine par exemple.

Quel est votre rôle au sein de la chaire ?

La chaire est installée dans l’équipe SDC et se divise en trois parties : les entreprises mécènes, la recherche et l’enseignement avec les étudiants. Je suis là pour faire le lien. Dans le cadre de la chaire par exemple des étudiants ingénieurs de Télécom Physique vont bénéficier d’un tuteur ICube lors des projets ingénieurs. Chaque année, nous organiserons une conférence auprès des mécènes sur un sujet d’intérêt. Les entreprises partenaires ont également un accès privilégié pour le montage de partenariats en recherche. Concrètement, je suis en train de constituer une équipe autour de la chaire avec un ingénieur de recherche, des doctorants et des post-doctorants et j’ai même un bureau maintenant ! (rires)

Quel va être votre plus gros challenge ?

C’est toujours un défi de gérer les attentes de tous les partis mais c’est aussi une très bonne opportunité de valider en entreprise les pistes de recherche élaborées à ICube et de former des élèves-ingénieurs experts en Sciences des données et intelligence artificielle. Cela permet aux étudiants d’aller dans des entreprises et de découvrir les contraintes liées à cet univers. Je vais également profiter de ces 5 ans pour préparer une habilitation à diriger des recherches.

Marion Riegert

Plus d’un million d'euros réunis en 6 mois

Important information

Unique en Alsace, la chaire Science des données et intelligence artificielle (SD & IA) permettra de former les data-scientists de demain en renforçant le nouveau cursus ingénieur en informatique et réseaux à Télécom physique Strasbourg et de mener des recherches de pointe en lien avec le laboratoire des sciences de l'ingénieur, de l'informatique et de l'imagerie ICube.

Le tout, grâce au mécénat de six entreprises : Crédit Mutuel Alliance Fédérale et Euro-Information, Heppner, Hager Group, le groupe ÉS, Socomec et 2CRSi. Ces entreprises ont répondu à l'appel de la Fondation université de Strasbourg en un temps record : en 6 mois plus d’un million d'euros ont été réunis pour financer cette aventure.