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Le conseiller scientifique, chaînon manquant mais pas suffisant entre expertise et décideurs

Crédit Office of the Prime Minister Chief Science Advisor

Vie et santé

09/06/20

Mettre en place des relations pérennes et efficientes entre science et politique pourrait aider à la gestion de crise.

La Covid-19 a mis en évidence une forte inadéquation des rapports entre science et politique. Certes, la voix des scientifiques est mieux entendue, notre gouvernement, nos concitoyens ont manifesté de l’écoute, même du respect pour leurs avis. Mais le « discours polyphonique » des chercheurs a aussi engendré des incompréhensions dues à la méconnaissance des processus qui président à la science.

Un rapport biaisé et incomplet entre science et politique

Cette méconnaissance est hélas aussi présente chez ceux qui nous gouvernent. Beaucoup d’entre eux n’ont pas une culture scientifique, dans une administration structurée autour des diplômés des grandes écoles, avec très peu de titulaires du doctorat à des postes-clés. Même si nous n’avons jamais eu autant de ministres titulaires d’un doctorat, en 2019 seules trois places sur 173 étaient ouvertes aux docteurs au concours de l’ENA.

Cette ignorance culturelle des principes de base du débat scientifique ne permet pas au politique de poser les bonnes questions aux experts, ou de comprendre leurs réponses. On se contente en fait d’un « attelage de fortune » entre le scientifique et le politique qui se fera au détriment de l’un comme de l’autre, et donc de la société. L’élu va demander aux experts des preuves certaines, une parole unique, alors qu’ils ne pourront fournir qu’un état de l’art « polyphonique », que le politique a du mal à interpréter. Car l’expert ne peut, ni ne doit, dicter la décision elle-même.