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Architecture et archéologie : deux faces d’une même pièce ?

10/09/2020

Un nouvel ouvrage intitulé Architecture et archéologie : le rêve et la norme, par Jean-Yves Marc du laboratoire Archéologie et histoire ancienne méditerranée Europe (Archimède) a été publié aux éditions Errance. Le livre fait le pont entre deux disciplines souvent maintenues à l’écart l’une de l’autre.

Les études d'architectes et d'archéologues
sont rarement associées. Photo : CC

Une formation rare 

« Ce livre, c’est avant tout la commémoration d’une formation universitaire unique en France, qui existe à Strasbourg depuis 1983 », rappelle Jean-Yves Marc. Sa particularité ? Essayer de rapprocher archéologie et architecture, deux disciplines rarement enseignées côte à côte. « L’architecture est née de l’archéologie. Au 15e siècle, les architectes se forment en observant les ruines gréco-romaine », souligne le directeur de l’Institut d’archéologie classique. Pourtant au 20e siècle, cette approche est jugée trop académiste et les deux spécialités s’éloignent. Depuis, il est rare de trouver des formations qui conjuguent les deux disciplines.

« Former des professionnels qui ont un certain recul »

Le cursus strasbourgeois propose un cours de droit de la protection des monuments historiques, un enseignement qui peut intéresser à la fois les futurs archéologues et les futurs architectes. « Nous tenons à conserver cette réflexion entre le bâti neuf et l’ancien. Ce n’est pas seulement idéologique, c’est aussi ce qui forme des professionnels qui ont un certain recul, une approche plus complexe de leur pratique », précise Jean-Yves Marc.

Deux métiers complémentaires

« Pour nous, l’architecte est essentiel sur un site archéologique. Il va se poser des questions techniques, penser en volumes et apporter une expertise que les archéologues n’ont pas. Dans une fouille, nous travaillons à imaginer des bâtiments incomplets. Le savoir-faire de l’architecte nous aide à compléter ce tableau manquant », témoigne le chercheur. A l’inverse, l’architecte peut avoir besoin des connaissances historiques de l’archéologue, lorsqu’il est confronté à du bâtiment ancien ou lorsqu’il travaille avec des exigences particulières.

Une réflexion sur les pratiques actuelles

En plus du bilan de la formation dressé par différents contributeurs, le livre Architecture et archéologie propose plusieurs articles de réflexion sur les pratiques actuelles. Les auteurs s’interrogent sur l’utilisation massive des nouveaux logiciels de modélisation 3D au détriment du dessin manuel, ou encore réfléchissent aux problématiques économiques que posent les coûts des sites archéologiques. « Cet ouvrage est bien plus qu’un regard vers le passé de cette formation. C’est avant tout une source de réflexion autour de l’avenir de nos métiers », conclut Jean-Yves Marc.

Léa Fizzala